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1946

Interdiction du proxénétisme

13 avril 1946

Marthe Richard, autrefois prostituée à Nancy, devient conseillère municipale de Paris en 1945 et s’engage dans la lutte contre les maisons closes, lieux de misère où se propage la syphilis.

Elle obtient gain de cause le 13 avril 1946 : la loi qui est votée ce jour-là, et qui porte son nom, promulgue l’abolition des « maisons de tolérance », la création d’un fichier qui répertorie toutes les filles et durcit la lutte contre le proxénétisme. Le proxénétisme est désormais interdit et 1400 établissements sont fermés en France, dont 180 à Paris.

Cependant cette loi a si peu aboli les maisons closes qu’il faudra attendre 1960 pour obtenir leur fermeture définitive au moment où la France signe la Convention Internationale de 1949. Les tenanciers des maisons se convertissent parfois en gérants d’hôtels de passe clandestins. Rien n’est prévu pour le réinsertion des prostituées. En 1960, le fichier sanitaire regroupe les noms de 30 000 femmes, mais on estime alors à 100 000 le nombre des prostituées clandestines.


La même année, le mouvement du Nid (actif depuis 1937), est officiellement créé. Fondé par l’abbé André-Marie Talvas, le Nid est un mouvement d’Église, mais qui se défend de tout prosélytisme. Sa position face à la prostitution et ses causes (la misère, certes, mais aussi le sexisme et la marchandisation tous azimuts), le trafic d’êtres humains et les complaisances et complicités qui lui permettent de se développer, peut être qualifiée de radicale : le Nid s’oppose fermement à toute distinction entre prostitution libre et prostitution forcée. Son objectif est clairement la disparition de la prostitution, en tant qu’atteinte aux droits humains. Le Nid s’implique aux côtés de la Fédération Abolitionniste Internationale dès 1950.


Cette loi est remise en question en 1990, quand une ministre propose de rouvrir les maisons closes, mais sa proposition fait un tollé dans les rangs des travailleuses du sexe.

Pour en savoir plus :

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Filles de joie.
La joie de qui ?

Benoîte Groult.