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2009

Une fillette excommuniée pour avoir avorté

L’église catholique s’oppose toujours fermement à l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Jusqu’à la mise en danger des mères. Au Brésil, une petite fille de 9 ans vient d’être excommuniée par l’église catholique, parce qu’elle a avorté, alors qu’elle était enceinte à la suite d’un viol.

L’interruption volontaire de grossesse est toujours interdite au Brésil, sauf en cas de viol ou de danger pour la vie de la mère. Cela n’empêche pas un million de femmes d’avorter clandestinement, lors d’opérations qui coûtent la vie à des milliers d’entre elles chaque année, selon les autorités. L’état de la fillette s’appliquait aux deux cas et, comme médecins, nous ne pouvions pas faire courir de risques à une enfant de 9 ans, dont les organes ne sont pas encore formés précise le docteur qui a pratiqué l’intervention.
La mère de l’enfant et les membres de l’équipe médicale ont été excommuniés pour avoir autorisé cette intervention et pour l’avoir pratiquée. Les autorités ecclésiastiques n’ont en revanche pas jugé bon d’excommunier le violeur — le beau-père de la fillette la violait depuis des années — estimant qu’un avortement est plus grave qu’un viol.

Plusieurs organisations non gouvernementales de défense des femmes ont soutenu l’interruption de grossesse de la fillette. Le ministère de la santé tente de dépénaliser l’avortement mais il se heurte à la réaction de l’Église. Le Brésil est le plus grand pays catholique du monde.

Quelques jours après cette excommunication, le pape Benoît XVI a célébré la prière de l’angélus du 8 mars en espérant voir les femmes toujours plus respectées et valorisées [1]. Quel mépris !


La plus importante manifestation de ce 8 mars 2009 a eu lieu en Pologne, où près de 6 000 personnes ont dénoncé à Varsovie le non-respect des droits des femmes, en particulier celui à l’avortement, contesté par la puissante Église catholique.

[1] Non moins méprisant, le quotidien du Vatican, l’Osservatore Romano a célébré la journée des femmes en estimant que la machine à laver était l’un des objets qui a le plus participé à l’émancipation des femmes occidentales au XXe siècle.

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