Rosie la riveteuse

Représentation des femmes qui allèrent travailler dans les usines, Rosie la riveteuse est une icône féministe alliant détermination, force et féminité.

Rosie the Riveter (« Rosie la riveteuse » en français) est une une icône populaire de la culture américaine, symbolisant les six millions de femmes qui travaillèrent dans l’industrie de l’armement et qui produisirent le matériel de guerre.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, le gouvernement américain lance une campagne pour encourager les femmes à participer à l’effort de guerre, en s’employant comme ouvrières, pour remplacer les hommes partis au front. Les États-Unis venaient en effet d’entrer en guerre et manquaient alors cruellement de main-d’œuvre.

We Can Do It !

L’affiche la plus célèbre de cette campagne de propagande fut celle créée en 1942 par J. Howard Miller, pour l’entreprise Westinghouse, avec le slogan « We Can Do It ! » (« Nous pouvons le faire ! »). Alliant force et féminité, l’affiche a pour but d’encourager la production et de remonter le moral des employées, pour lutter contre l’absentéisme et les velléités de grèves dans les usines américaines.

Geraldine Doyle

Pour être plus à l’aise, cette ouvrière porte un bleu de travail et ses cheveux sont retenus par un fichu, comme la femme dont la photographie servit de modèle original pour cette affiche, Geraldine Doyle, 17 ans, qui travaillait sur une machine à emboutir des pièces métalliques dans une usine du Michigan.

L’image est vite surnommée « Rosie the Riveter » en raison d’un chant patriotique de 1942 qui porte ce nom :

“All the day long, Whether rain or shine, She’s a part of the assembly line. She’s making history, Working for victory, Rosie the Riveter.”
Rosie The Riveter

Mais la véritable riveteuse Rosie est une couverture du Saturday Evening Post créée Norman Rockwell en 1943, qui piétine le livre Mein Kampf d’Hitler en mangeant son sandwich pendant une pause, accoudée sur une sacoche à son prénom, un énorme pistolet à rivets posé sur ses genoux.

On appela « Rosies » celles qui allèrent travailler dans les usines. Mais, si 80 % des Rosies voulaient continuer à exercer ces métiers, elles furent encouragées, au retour des hommes, à laisser leur place aux soldats démobilisés ou furent orientées vers des travaux non spécialisés.

Symbole du poids économique naissant de la femme aux États-Unis, le personnage est devenu, bien malgré elle, la digne représentante de la lutte des femmes, symbole des travailleuses invisibles. Son slogan, qui évoquait alors la victoire contre le fascisme, résonne de nos jours comme un appel aux femmes à lutter contre les discriminations : oui, « we can do it », nous pouvons nous libérer du patriarcat !

Détournée par les féministes, cette image est devenue aujourd’hui l’un des symboles les plus puissants de la lutte contre le patriarcat à travers le monde.