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2011

Opération « blue bra girl »

Lors du Printemps arabe, les femmes, traditionnellement cloîtrées, prennent une part active aux mouvements révolutionnaires, jouant même le rôle de leaders ; elles sont 10 à 15 % des manifestants en Égypte, et les rapports respectueux qui s’instaurent entre hommes et femmes place Tahrir au Caire étonnent les manifestants.

On y relève cependant plusieurs cas d’agression sexuelle et au lendemain de la révolution, leur place est toujours très restreinte en politique : la manifestation de la journée des femmes, le 8 mars 2011, est brutalement dispersée par les salafistes et les militaires, et elles sont quasi absentes du gouvernement et des postes de gouverneur de province.

Près de la place Tahrir, une jeune manifestante est violentée par les forces de sécurité, dévoilant malgré elle un soutien gorge bleu. La scène fait le tour des réseaux sociaux et l’image reste gravée dans les mémoires, devenant le symbole de l’injustice.

Ce graffiti montrant une femme frappée relate un fait réel : une jeune manifestante lynchée par la police anti-émeute en 2011. L’image hante désormais les rues du Caire. Amr Dalsh / Reuters

Début 2012, Anonymous lance l’opération « blue bra girl » en appelant les internautes du monde entier à défendre la condition des égyptiennes en se photographiant vêtu·e·s d’un soutien gorge bleu.

Des soutiens-gorges bleus peints au pochoir se multiplient sur les murs de la capitale et rappellent le tribut des femmes dans la chute du président Moubarak. Martyres oubliées de la révolution égyptienne, elles ont été particulièrement prises pour cible, en toute impunité : des centaines de manifestantes ont été violées et aucun agresseur n’a été inquiété.

Thousand Times No Wall Bahia Shehab

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