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1978

Procès d’Aix contre le viol

Jusque dans les années 1970, le viol relevait du tabou. Les victimes étaient considérées comme étant plus ou moins consentantes. Une affaire retentissante d’agression sexuelle en réunion va totalement changer le regard de la société.

De janvier à mai, le retentissant procès pour viol d’Aix-en-Provence mobilise les féministes. Deux jeunes filles, Anne et Aracelli, ont été violées à plusieurs reprises par trois hommes. Gisèle Halimi plaide, au nom du collectif juridique Choisir (créé en 1971), avec la solidarité très forte de groupes féministes. Ce procès qui se déroule 4 ans après les faits, largement médiatisé, suscite un soutien national.

Lors de ce procès, Gisèle Halimi dénonce la responsabilité de la société et l’asymétrie relationnelle des hommes et des femmes qui conduit au viol. L’association Choisir la cause des femmes énonce ces quelques notions fondamentales au sujet du viol : toutes les agressions sexuelles supposent un type de rapport de domination homme/femme symptomatique d’un certain choix de société… Consciemment ou inconsciemment, un certain monde de valeurs masculines a, en fait, justifié le viol par la “naturelle virilité agressive” de l’homme et la “passivité masochiste” de la femme…

C’est un procès houleux où les victimes, les femmes et les féministes sont ouvertement attaquées, voire agressées physiquement. En 1978, on lit dans la presse française : Sont terroristes les femmes ouvertement ou secrètement féministes !

Ce n’est qu’en 1980 que la loi française reconnaîtra clairement le viol comme crime.

Pour en savoir plus :

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