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2012

Manifeste des 313 : « Je déclare avoir été violée »

En 1971, 343 femmes reconnaissaient publiquement avoir avorté. Elles sont aujourd’hui 313 à déclarer avoir été violées. Un acte politique, lui aussi.

313 femmes signent avec Clémentine Autain un manifeste dans (...)

Comme il le fit en avril 1971 en faveur de l’avortement, le Nouvel Observateur publie un manifeste pour que la société ouvre enfin les yeux sur la vérité du viol en France, un scandale massif qui appelle une mobilisation urgente. Pour la première fois, après l’affaire DSK qui a délié les langues, des centaines de femmes déclarent ensemble avoir été violées, en signant le « manifeste des 313 ».

En France, une femme est violée toutes les 8 minutes. Le viol est un fait banal, massif. Il détruit physiquement et moralement. Et pourtant, il relève du tabou. On peut raconter dans un dîner entre amis ou à ses collègues de bureau que l’on a été victime d’un attentat, que l’on a perdu un proche ou subi un cambriolage. Avec le viol, silence radio. Cet acte touche à la sexualité et la suspicion n’est jamais loin. Le viol est un crime dans lequel la victime se sent coupable, honteuse. […] Ne pas pouvoir dire ce que l’on a vécu rajoute à la violence subie et contribue à l’impunité des violeurs. Seul un viol sur huit environ fait l’objet d’une plainte. Il est temps de libérer la parole, condition sine qua non pour en finir avec le viol.

Clémentine Autain réclame donc une loi cadre pour faire sortir le viol des sujets tabous auxquels les politiques ne s’intéressent pas.

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