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1999

Les Chiennes de Garde

8 mars 1999

En France, le machisme tient bon. Les Chiennes de garde s’élèvent contre les « pute ! » et « salope ! » criés à tout propos, et les allusions sexuelles en guise d’argumentation.

Voynet salope

Tire ton slip, salope ! sont les mots qui accueillent la ministre de l’environnement, Dominique Voynet, au Salon de l’agriculture de mars 1999. La journaliste et militante féministe Florence Montreynaud prend aussitôt l’initiative d’une pétition en faveur de la ministre et imagine dans la foulée un réseau de vigilance contre le machisme et les injures sexistes. Un fax, deux téléphones, internet et un carnet d’adresses gonflé au fil d’années de militantisme et de complicités intellectuelles… Le manifeste des Chiennes de garde, lancé le 8 mars 1999, reçoit plusieurs centaines de signatures [*] en quelques jours !

La croisade est lancée : Nous vivons en démocratie. Le débat est libre, mais tous les arguments ne sont pas légitimes. (…) Adresser une injure sexiste à une femme publique, c’est insulter toutes les femmes. Nous nous engageons à manifester notre soutien aux femmes publiques attaquées en tant que femmes.

Ce manifeste donne naissance au comité de vigilance du même nom, les Chiennes de garde, mouvement qui va connaître un important succès médiatique et enregistrer des adhésions en grand nombre : succès féministe sans précédent !

« En réaction à un épisode somme toute banal de la vie politique (au Salon de l’agriculture, une ministre agressée par des insultes sexistes d’une violence insupportable, dans l’indifférence générale), les Chiennes de garde apparaissent. Une poignée de femmes, très rapidement suivies de centaines puis de milliers de femmes et d’hommes. Elles marquent la limite à ne pas dépasser. Elles tiennent les machos en respect. Parce que la violence verbale est la première étape de la violence générale contre les femmes. Parce que aucune loi ne réprime l’expression du sexisme. »
Isabelle Alonso, Pourquoi je suis Chienne de garde, 2001

Pour en savoir plus :

[*] Signataires du manifeste des Chiennes de garde : Michelle Perrot, Isabelle Autissier, Laure Adler, Hervé Baro, Huguette Bouchardeau, Michèle Cotta, Boris Cyrulnik, Jacques Gaillot, Stéphane Hessel, Sonia Rykiel, Pascal Bruckner, Françoise Héritier, Alain Touraine, Françoise Gaspard, Olivier Duhamel, Geneviève Fraisse, Alain Lipietz, Yves Cochet, Roselyne Bachelot-Narquin, Véronique Neiertz, Malek Chebel, Catherine Clément, Amélie Nothomb, Marie Darrieussecq, Régis Debray, Régine Deforges, Claire Etcherelli, Pierre-André Taguieff, André Comte-Sponville et nombre d’anonymes.

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