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1848

La Révolution de 1848

Les républicains renvoient la femme au foyer. En politique, elle n’est plus qu’une allégorie. Les clubs politiques féminins réapparaissent alors pour faire entendre la voix des femmes.

Les révolutionnaires de 1793 avaient exclu les femmes de l’espace public. Le Code civil de 1804 avait institué les femmes mariées en mineures, dépendantes de leurs maris. Comme si cela ne suffisait pas, les républicains de 1848 les remettent à leur place « naturelle » de mères, gardiennes du foyer.

Elles passent du statut de femmes actrices des révolutions populaires, à l’allégorie féminine qui incarne la République : la Marianne. Cette figure apparaît pour la première fois le 4 mars 1848 à l’occasion de l’enterrement des victimes des journées de février.

La révolution de février 1848 conduit à la proclamation de la Seconde République le 24 février et le 2 mars, le gouvernement provisoire déclare électeur tous les français de plus de 21 ans. Sauf les femmes, bien entendu.

Voix des femmes

Club de femmes en 1848.
Les clubs politiques féminins réapparaissent pendant la Deuxième République. Leurs membres demandent le droit de vote, le rétablissement du divorce et le partage des tâches domestiques avec les hommes.

Après les journées de juin 1848, des saint-simoniennes et des fouriéristes éditent un journal pendant quelques semaines, La voix des femmes, pour dénoncer les conditions de vie des femmes ouvrières et le statut de la femme en général. Au même moment à Lyon s’organisent « les fourmis réunies », un groupe de couturières, en fait un syndicat, ce qui vaudra aux dirigeantes six mois de prison.

La répression s’abat sur le petit peuple : en juillet 1848, 600 femmes, dont 222 blessées, sont incarcérées à la prison parisienne de Saint-Lazare ; 300 lingères, couturières, blanchisseuses… sont ensuite poursuivies sur un total de 20 000 prévenues.

Les réunions des clubs sont limités ; un sort particulier est réservé aux femmes, qui ont interdiction (26 juillet), comme les enfants, d’être membre d’un club et d’assister à tout débat public. L’exclusion des femmes en politique se poursuit alors que s’affirmait leur volonté d’être reconnues comme sujet et donc de posséder les droits civils et civiques.

La mise en place du suffrage universel masculin qui caractérise l’union de l’État et de la nation, permet à l’État en 1848, d’accaparer totalement l’ordre symbolique qui détermine la place des femmes par rapport au champ politique. Les femmes sont exclues de la politique mais pas de sa représentation, puisque l’effigie de la République est une femme : la Marianne.

L’homme le plus opprimé peut opprimer un être, qui est sa femme. Elle est la prolétaire du prolétaire.

Flora Tristan, 1843.