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1939

La police traque les faiseuses d’anges

La répression contre l’avortement et la contraception s’accroît avec la création de brigades policières spécialisées.

Avortement et contraception sont interdits depuis 1920. La loi de 1939, qui promulgue le Code de la famille, renforce la répression. Des sections spéciales de policiers sont créées, chargées de traquer les « faiseuses d’anges ». Les tentatives sont punies comme les avortements. Considérés comme des traites à la patrie, les avorteurs et avorteuses sont très sévèrement condamnés.

Les avorteurs, nous les aurons « Les avorteurs tuent un petit français sur trois. Ceux qui les protègent trahissent la France au profit de l’étranger. Quel châtiment méritent-ils ? » Revue de l'Alliance Nationale contre la Dépopulation, 1939

Vus l’interdiction et les risques encourus la clandestinité est de mise, dans des conditions d’hygiène désastreuses. Le plus souvent les avortement clandestins sont pratiqués par des femmes sans formation réelle, qu’on appelle « faiseuses d’anges ». Peu de médecins prennent le risque d’une condamnation. Ils risquent de fortes amendes, mais aussi la prison et l’interdiction d’exercer.

Les avortements se pratiquent à l’aide de substances plus ou moins naturelles, de produits chimiques ou encore par des moyens mécaniques : aiguille à tricoter, cintre, tringle à rideaux, fil de fer, ciseaux, sondes de caoutchouc, etc. Le risque est élevé car si l’effet est souvent fatal pour le fœtus il peut l’être aussi pour la femme notamment en provoquant des hémorragies ou des infections faute d’hygiène suffisante.

L’une des premières militantes pro-IVG, Madeleine Pelletier, est inculpée pour avoir pratiqué des avortements, puis relaxée mais déclarée folle et internée en hôpital psychiatrique, où elle meurt six mois plus tard.

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