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1871

La Commune de Paris

Pendant la Commune de Paris la participation des femmes est spectaculaire.

Paris est assiégé par les troupes allemandes depuis plusieurs mois et connaît une grave famine. Le gouvernement réfugié à Versailles signe l’armistice et tente de désarmer la ville depuis le 8 mars. Mais les femmes protègent les canons de Montmartre, que les parisiens considèrent leurs. Le 18 mars 1871 les troupes versaillaises se replient. C’est le début de la Commune de Paris.

Pendant cette période d’insurrection contre le gouvernement, qui dura deux mois, s’ébauche pour la ville une organisation proche de l’autogestion. La participation des femmes est déterminante. Elles mettent sur pied des ateliers autogérés, des crèches, des cantines, des organismes de solidarité et participent aussi en première ligne aux combats durant la « semaine sanglante », épisode final où la Commune est écrasée et ses membres exécutés en masse, faisant environ 30 000 vicimes.

La barricade de la place Blanche est défendue par des femmes, pendant la semaine sanglante. Montmartre, mai 1871

Qu’elles soient bourgeoises, ouvrières, prostituées, célèbres, anonymes, françaises ou étrangères, elles ont toutes en commun d’être montées aux barricades et d’avoir pris les armes pour faire valoir leurs droits. Ces femmes n’avaient alors rien à perdre et tout à gagner. Elles plongent dans « leur » révolution, arrêtant le travail, manifestant, jusque sur les barricades avant d’être renvoyées à des abysses d’oppression. Et d’oubli. Louise Michel, la plus célèbre d’entre elles, paiera son engagement de 9 années de déportation.

En 72 jours, la Commune prend près de 250 arrêtés et décrets en faveur du peuple, parant à l’urgence mais dessinant aussi un avenir égalitaire : union libre, interdiction de la prostitution, séparation de l’Église et de l’État, travail des femmes, début d’égalité salariale… il a manqué de temps pour accorder le droit de vote aux femmes. Il faudra par la suite des dizaines d’années pour reconquérir ces droits.

La Commune a néanmoins montré que l’émancipation du peuple et celle des femmes formaient un seul et même combat. Pendant cette période d’utopie réalisée, la distinction de sexe est remise en cause car elle est créée et maintenue par le besoin de l’antagonisme sur lequel reposent les privilèges des classes gouvernementales.

Pour en savoir plus :

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