Elsa Triolet

(1896-1970)

Première femme « Goncourt »

Elsa Kagan est née à Moscou, le 12 septembre 1896, dans une famille d’intellectuels juifs qui a le privilège de pouvoir résider dans la capitale russe. Elsa gagne Paris dans les années 1920. C’est en 1928, qu’elle rencontre Louis Aragon, dandy surréaliste, qui deviendra le poète officiel du Parti communiste français. Elsa et Louis entament une vie commune mouvementée qui va durer quarante ans. En 1938, elle adopte définitivement la langue française pour son roman Bonsoir, Thérèse. Au début de la Seconde guerre mondiale, Aragon est enrôlé dans un bataillon spécial composé de communistes. Le livre qu’Elsa Triolet vient de publier, Maïakovski poète russe : souvenirs, est interdit. Lorsque Louis Aragon est démobilisé, le couple se réfugie en zone sud où ils participent tous deux à la création du mouvement de résistance des intellectuels. Elle s’associe à la création clandestine des Editions de Minuit avec Vercors (alias Jean Bruller). Elle co-fonde la revue Lettres françaises et devient présidente d’honneur du Conseil national des écrivains qui s’est créé pendant la guerre. Pendant l’occupation, Elsa Triolet continue à publier. Elle fait paraître en 1942 le roman Mille regrets puis Le Cheval blanc en 1943.

Son recueil de nouvelles Le premier accroc coûte deux cent francs est édité en 1944. Il obtient le premier prix Goncourt décerné après la guerre, en 1945. Quarante deux ans après la fondation du Goncourt, Elsa Triolet est la première femme à recevoir ce prix, peu doté financièrement, mais assorti de très fortes ventes. Après elle, sept autres femmes en seront honorées. Elsa Triolet est désormais reconnue comme écrivain français et va produire plusieurs romans estimés par le public. Elle devient aussi une des figures féminines centrales du P.C.F. Sans y adhérer, elle occupe une position d’influence capitale dans le Parti, auprès d’Aragon qui en est un des piliers intellectuels. Les dernières années de sa vie sont rendues difficiles par la maladie qui limite ses mouvements. L’année de sa mort, elle publie un ultime roman, Le rossignol se tait à l’aube. Elsa Triolet s’éteint le 16 juin 1970 dans leur propriété de Saint Arnoult-en-Yvelines, à l’âge de soixante-quatorze ans. Pour tous elle reste la muse d’Aragon, comme dans l’ombre de celui-ci, et pourtant Elsa triolet fut un grand écrivain à part entière.

A lire : Lilly Marcou, Elsa Triolet, les yeux et la mémoire, Paris, Plon, 1994.

Page réalisée avec la contribution de Charlène Colinet.

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