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1973

Les députés français contre l’avortement

Assemblée nationale 1973-74

En décembre 1973 et en novembre 1974, ce sont les mêmes hommes qui avaient repoussé avec horreur la contraception il y a 7 ans, qui refusent avec indignation l’interruption légale de grossesse, et dans des termes toujours aussi grotesques. En accordant aux femmes le droit de choisir, les hommes craignent surtout de ne plus être les seuls maîtres et de perdre le contrôle.

Les députés français qui prennent la parole s’opposent de façon fanatique à la maternité volontaire. Il s’agit pourtant d’une liberté que la plupart des pays civilisés ont légalisée.

Propos entendus à l’Assemblée

Une affaire de femme face à une assemblée d’hommes Photomontage des portraits des 70 orateurs faces à Simone Veil lors du débat à l’Assemblée Nationale.

« Je ne peux pas admettre l’idée que la loi fasse de la mère la seule et unique responsable des enfants à naître. »
Jacques Médecin, réformateur

« N’est pas détresse la solitude d’une femme enceinte et abandonnée. N’est pas détresse le cas de l’adolescente qui redoute son entourage et les responsabilités de la maternité… »
Michel Debré

« Armée du vice… Décadence qui mène aux abîmes… La libéralisation de l’avortement servira toujours les intérêts des prostituées mondaines du XVIe arrondissement »
Pierre Bas, député UDR de Paris

« La pornographie va tenir lieu d’honneur… »
M Lioger, UDR

« Pour éviter que le vice devienne une religion, devenons la société protectrice de ces merveilleux petits Tom Pouce »
René Féït, à propos des fœtus

« Il ne faut pas que le vice des riches devienne celui des pauvres… »
Jean Foyer

Simone Veil, ministre de la Santé, est violemment attaquée, mais défend le projet de loi sur l’avortement, avec intelligence et une force paisible.

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