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2019

Avortement refusé à une fillette violée

En Argentine, une césarienne imposée à une fillette violée relance le débat sur l’avortement, toujours interdit.

« Je veux que vous m’enleviez ce que le vieux m’a mis dans le ventre », avait réclamé la fillette dans sa plainte. L’enfant et sa mère avaient formulé une demande d’avortement auprès de la justice. La législation argentine prévoit en effet d’autoriser une IVG dans des circonstances extraordinaires de viol ou de péril pour la mère. Mais au pays du pape François, ce type de procédure tarde, forçant les grossesses à aboutir. À 23 mois, les médecins ont estimé la fillette de 11 ans en danger, son corps n’étant pas suffisamment développé, et ont effectué une césarienne. Si la fillette a survécu, le fœtus est mort le 8 mars 2019.

« L’Etat est responsable de la torture de Lucia », a dénoncé l’organisation féministe #NiUnaMenos, qui milite pour le droit à l’avortement et cette histoire ravive le débat : « Dans un pays juste, les filles ne sont pas mères ».

Le droit à l’avortement « légal, sûr et gratuit » a été la principale revendication du mouvement féministe argentin en 2018, mobilisant des millions de personnes. Une proposition de loi en ce sens avait été rejetée par le Sénat en août 2018, sous la pression de l’église, alors que toute l’Amérique latine était suspendue à cette décision législative.

Cette année, à l’occasion de la journée mondiale des droits des femmes et pour la huitième fois consécutive, une nouvelle proposition de réforme est déposée au Parlement. Dans ce pays où une nouvelle génération féministe a émergé dans le cadre du mouvement des « foulards verts » la mobilisation reste importante : « Ce mouvement a une énergie incroyable qui vient des plus jeunes. »

« Plus une seule femme tuée par un avortement clandestin »

Par ailleurs, l’émoi causé par les meurtres de femmes est omniprésent. Depuis le début de l’année, plus de 50 femmes ont été tuées en Argentine par un ex-compagnon, un mari violent ou un inconnu. Comme dans d’autres pays d’Amérique latine, le féminicide a été inclus dans le code pénal argentin.

Nous ne sommes pas hystériques,
nous sommes historiques.

Slogan du 8 mars 2019 à Madrid.