|

2019

Femmes en grève contre les inégalités salariales

« No somos histericas somos hitoricas » « Nous ne sommes pas hystériques,
nous sommes historiques »
Slogan du 8 mars 2019 à Madrid.
Photo de @MelinaHuet

Les espagnoles sont à nouveau en « grève féministe radicale » le 8 mars 2019, pour la 2e année consécutive, encore plus nombreuses. pas Moins d’un millier de rendez-vous et des centaines de manifestations ont lieu dans de très nombreuses villes du pays. À Madrid et Barcelone, plus d’un demi-million de manifestantes forment une marée violette, couleur du féminisme, particulièrement impressionnante. Devant le parlement, elles crient « excusez-nous du dérangement, on nous assassine », en référence aux 975 femmes tuées par leur conjoint ou ex-compagnon entre 2003 et 2018. Plus de six millions de femmes s’arrêtent de travailler, au moins deux heures, avec pour mot d’ordre « si nous nous arrêtons, le monde s’arrête ». Le mouvement féministe est à ce point puissant qu’il pèse sur l’échiquier politique espagnol.

Des milliers de manifestantes en grève, le 8 mars 2019 à Bilbao. LUIS TEJIDO/EPA

Plus de 15 000 femmes se rassemblent un peu partout en France, à l’appel d’un collectif de 38 associations et syndicats, à partir de 15h40, heure théorique à partir de laquelle les femmes travaillent gratuitement, considérant qu’elles sont payées en moyenne 26 % de moins que les hommes et plus de 200 actions ont eu lieu sur les lieux de travail pour lutter contre les inégalités salariales. La mobilisation est plus importante que l’année précédente. En novembre, à l’appel du collectif Nous Toutes, 50 000 personnes avaient défilé dans toute la France contre les violences faites aux femmes.

La place des sorcières, le 8 mars 2019 à Paris. Photo de @8mars15h40

À Paris, la place de la République est renommée pour l’occasion « Place des Sorcières » et les rues adjacentes sont rebaptisées avec des noms de femmes. La mobilisation se poursuit le lendemain avec 35 rassemblements de gilets roses contre la réforme de l’assurance chômage et la précarisation des femmes.

En Grèce, un arrêt de travail de trois heures est observé dans de nombreuses administrations, une première. De même en Belgique, les membres du parlement européen font grève devant l’entrée du bâtiment, à Bruxelles.

Au Mexique, le 8 mars a lieu quelques semaines après que les femmes aient pris la tête des grèves massives qui ont touché 120 usines et réunit près de 70 000 travailleurs et travailleuses. La journée est marquée par la dénonciation des féminicides.

En Italie, 50 000 manifestantes en grève à Rome et plusieurs milliers à Milan, Naples, Gênes, Bologne ou Palerme contre toutes les violences et discriminations dans la famille, au travail, dans la rue, les hôpitaux ou les écoles. À Rome les manifestantes portent des tenues rouges et blanches, s’inspirant de La Servante écarlate en symbole de protestation.

À Istanbul, la police turque tire des gaz lacrymogènes contre des milliers de femmes rassemblées dans le centre de la ville en dépit d’une interdiction de manifester.

Corée du Sud, Algérie, République de Macédoine du Nord, Kenya, Irak, Ukraine, Algérie, Pakistan, Australie, Inde, Bangladesh, Irlande, Cameroun, Suisse, Soudan, Royaume-Uni, Chine, Burkina-Fasso, Serbie, Philippines, Honduras, États-Unis, Canada, Chili… partout dans le monde des rassemblements parfois assortis d’arrêts de travail mobilisent les femmes pour défendre leurs droits en ce 8 mars 2019. Si la précarité a un visage de femme, elles représentent aujourd’hui 70 % des 3,5 milliards de personnes qui vivent avec moins de 2 euros par jour.

Nous ne sommes pas hystériques,
nous sommes historiques.

Slogan du 8 mars 2019 à Madrid.